On voulait de l'aventure, eh bien on a été bien servi. Pour rejoindre la Cathédrale en partant d'Imilchil, il y a plusieurs solutions. On nous parle d'une piste, qui n'est pas sur la carte, mais qui passe pas trop mal, suivi d'une autre piste qui, elle, est bien sur la carte, mais soi-disant ne passe qu'à dos de mule. Deux vététistes espagnols en reviennent et essaient de nous dissuader de passer par là: avec notre chargement, ça va être compliqué. Mais on est surmotivés, et tant pis si on pousse, et tant pis si on passe du temps... on est chauuuuds !!

On refait les stocks et c'est reparti. Après une belle descente, à Tasreft, on traverse la rivière et fini le goudron, bonjour la piste. On croise quelques douars, les enfants sont toujours un peu demandeurs, mais restent aimables. A la fontaine, la gazelle engage à mort avec Simon qui était venu lui demander de l'eau !! Les paysages sont vraiment beaux, on pédale, on pédale et on bivouaque in extremis à la tombée de la nuit. 

PB020466

Comme prévu le lendemain, on prend à gauche au croisement, mais ce n'est pas (encore) la grande descente qui était prévue. Il reste encore une bonne heure de montée avant the big one. On va pas se plaindre, on est tranquilles, il fait beau, c'est super joli... Passé le col, on apperçoit Anergui 1000m en bas, et entre les deux, 10km de descente de rêve avec de belles épingles à cheveux sur fond de M'goun. C'est partiiii... On en a plein les yeux, et on en a mal aux mains!

A Anergui, direction les difficultés. En fait ça ressemble à un sentier de randonnée. Nous longeons l'oued dans des gorges magnifiques et sous un soleil de plomb. Par moment, ça roule, d'autres, ça pousse, ça porte... des fois même à deux pour un petit raidillon. Pique nique en bord de rivière et c'est reparti. On roule, on pousse, on freine, on coince la pédale, on coince les sacoches, ah tiens le pneu d'Aurel qui crève, ah tiens l'autre aussi... mais on est heureux d'être là, un peu seuls au monde. A l'heure du bivouac, on n'a fait que 15km mais c'est pas grave. Bivouac au bord de l'eau, près des lauriers roses, mais loin des singes croisés précédemment !!

IMG_0998

Au petit matin, y'a du passage sur le pont d'en face. Des moutons, des chèvres, des ânes chargés, des ânes à vide, des mules et même un âne qui transporte une commode (et qui a du mal à tenir l'équilibre). A un moment, on voit repasser 3 mules à vide qui étaient déjà passées y'a une demi-heure. C'est bon ça !!! Pour nous, c'est le symbole de la fin du sentier. Après un tour de mule pour Simon, prétée par le jeune qui nous tchatche, c'est reparti. Comme prévu, après une dizaine de minutes, on apperçoit deux vieux Land Rover... YES!! Fini la poussette !!! Jamais été si contents de voir des 4x4 !!

On continue donc, c'est plus ou moins roulant, mais par rapport à hier, on déroule. Un bon passage à gué et on s'engage sur une superbe portion taillée dans le flanc de la falaise. 

IMG_1717
IMG_1724

Après quelques petits coups de cul et une longue descente on atteint enfin la Cathédrale. C'est un espèce de monolithe de 600m qui ressemble un peu à Gramusat en France. C'est joli, on se demande bien sûr si ça grimpe !!

On échange deux pains tout chaud contre des dattes à la seule maison qu'on croisera de la journée. Ca changera du pique nique semoule ! Finalement, on aurait peut-être dû en manger un peu plus (de la semoule), car on s'envoie une bonne montée après ça (un peu la surprise, carte imprécise) sur une piste caillouteuse. Un peu plus raide ou peu moins bonne, ça aurait été un peu galère, surtout pour Amel et ses pignons hollandais (même sur son plus petit plateau, ça reste trop grand par rapport au plateau des garçons, en résumé dès que c'est raide, c'est ambiance "step").

Au col vue de malade. A gauche y'a Presles version rouge (en France, site d'escalade), au fond sommets enneigés et à droite la Cathédrale. On commence à descendre mais l'heure tourne et on n'a ni eau ni spot de bivouac. Finalement on trouve les deux à la nuit tombante. 

IMG_1744

Le matin, alors qu' Amel demande du pain chez une dame, on se retrouve en deux temps trois mouvements assis autour d'un thé, des cahuètes, du pain tout chaud, du beurre, de l'huile...  bref le ptit déj. On venait pourtant de manger de la semoule à défaut d'autre chose, mais ça ne se refuse pas, c'est quand même meilleur !

L'après-midi se résume à une longue montée en pente douce (1000mD+) et sur goudron SVP, donc on a le temps de discuter, c'est cool. On n'est pas loin des gorges de Taghia, un super spot d'escalade, mais ça sera pour la prochaine fois (encore un voyage au Maroc??? inch'allah !!). Au col, c'est chouette avec vue sur les sommets enneigés derrière. On s'équipe pour la descente (ça caille), mais au bout de 10 km, on est un peu déçus, ça remonte déjà. Heureusement y'a un petit café en bas et on se fait un gros goûter. Après ça, on repart mais la nuit nous rattrappe pour changer, sauf que là on est un peu haut en altitude; du coup bivouac fraîcheur. 

IMG_1746

Le matin, tout est givré. Et le ptit déj est un peu maigre: 1/3 de pain par personne, 1/3 de verre de semoule. C'est un peu la fin des haricots. Plus de sucre, plus de confiture, plus de pâtes, plus de riz, plus de semoule, plus de fruits ni légumes... Par contre, il reste des vermicelles mais qui ont tendance à coller. Hier soir, la plâtrée de pâtes ressemblait plus à du ciment qu'à la pasta d'Andrea Colombi !

On gratte les tentes, et on traîne pas trop pour se réchauffer. On rattrappe le soleil un peu avant le col, on peut enfin enlever les gants et le bonnet. C'est chouette, et dans un détour, on apperçoit notre objectif prochain: le M'goun. De là, y'a quasiment plus que de la descente jusqu'à Tabant. Mais pour cause de piste caillouteuse, ça sera long.

La vallée des Aït Bougmez est très fertile donc cultivée, alors que c'est tout sec et tout jaune sur les côtés. 

IMG_1053

Nous arrivons enfin à Tabant, et c'est l'heure du déjeuner. Au café des amis, un tajine fumant qui nous attend et nous comble...