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PB230763A Zagora, comme à chaque fois qu'on retrouve la ville, on se fait péter la banse (euh la panse)! Le matin, on teste les yaourts maison à la laiterie. A midi, c'est poisson frit et salade marocaine dans un petit boui boui, en dessert fruits et patisseries à volonté, et là-dessus un café au lait en terrasse au soleil. Complètement calés

 

En quittant Zagora en début d'après-midi, on croise nos premiers dromadaires. On remonte la vallée du Drâa par une piste de l'autre côté de l'oued. C'est sympa, même si la piste n'est pas toujours très roulante. Un peu plus tard, on croise un groupe de gamins en vélo. Ils nous suivent de près, nous tchatchent, me demandent si je suis mariée, et me déclarent leur flamme à tour de rôle (y'en a même un qui me chante une chanson, d'amour j'imagine!). Bref, au début ça me fait marrer. Jusqu'au moment où je me retourne et chope l'un d'eux avec un de mes vêtements. Je me rends compte au même moment que ma sacoche arrière est ouverte. Là, je rigole plus du tout. Le gamin lâche tout, et Simon se met à les courser, mais eux à vélo et lui à pied, et surtout dans les recoins de la palmeraie, c'est peine perdue. Bilan de l'histoire: un pull en moins.

Je roule légèrement énervée pour la fin de l'après-midi. En soirée, on se fait offrir le thé par les ouvriers agricoles, et on installe le campement au sein de la pameraie. Genial, dormir sous les palmiers, mon rêve. Y'a juste à secouer l'arbre et à ouvrir la bouche pour se gaver de dattes ! C'est complètement l'ascenseur émotionnel...

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Le lendemain, la datte sera la thématique du jour. On commence par en ramasser au bivouac. Là-dessus, notre hôte vient donner un cours de thé à la menthe à Aurel, et pour la première fois, on peut offrir le thé à un marocain. Mais d'après sa grimace, on suppose que c'est un peu loupé !

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On reprend la piste, traverse la palmeraie selon les indications mais on se retrouve sur la nationale. Oh zut alors. Alors que Simon se lave les pieds dans la rivière, un grenoblois marocain vient à notre rencontre, très curieux de notre voyage. Il hallucine complètement sur ce qu'on fait et nous offre quatre pains chauds et pour moi un paquet de Prince et des MM's (il a bien cerné la gourmande que je suis). Il veut nous inviter chez lui, mais on commence à peine la journée. Après ça, on essaie de reprendre la piste plus loin, et on se fait une bonne heure de labyrinthe sur les petites pistes bien sableuses. On traverse aussi des canaux d'irrigation, et ajouté au sable, ça colle bien au vélo ! C'est animé dans la palmeraie: y'a du monde dans les champs, dans les palmiers et ici on circule uniquement à dos d'âne ou à pied.

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"Timassla, c'est par là?"

"Wha wha" (oui oui)

"Bschaal kilometres?" (combien de km?)

"Echra" (dix)

Mais 5 km plus loin:

"Bschaal kilometresTimassla?"

"Echra" (dix)

Voilà, c'est souvent aussi précis que ça !

 

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Un pic-nique sous les palmiers, où Aurel va leur secouer la grappe, et on reprend la piste bien caillouteuse cette fois. En guide de digestion, on s'offre non pas un Paris-Brest mais un Paris-Dakar. Ca secoue bien, et puis c'est de pire en pire, jusqu'à un cul de sac dans l'oued. Demi-tour, et on reprend le premier pont venu. Sur la route, des voix nous interpellent. "M'ssieu, vous voulez des dattes?" Ca ne se refuse pas. Peu après, on retrouve le bitume et ça déroule. Les filles font des "coucou" à Simon (une grande première !) qui ne se prive pas de leur répondre de son grand sourire de dragueur !! On attire toujours un tas de gamins, mais après l'épisode du pull, je ne dégage certainement pas la sympathie.

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La nuit tombant, c'est dans la cour de Mohammed couscous (même s'il fait pas de mousse quand il pête!! mais il est bien malade) que nous plantons la tente. Eux dorment aussi dehors mais sur des tapis. On sent que la famille n'est pas bien riche. Le thé arrive avec les dattes (Momo est producteur), et on offre nos kowkows (cacahuètes). On montre les cartes, on essaient de discuter (chouya car ils ne parlent pas français), et on fait les devoirs des enfants. On a l'impression que le programme est complètement disproportionné par rapport à leur niveau. Ils doivent répondre à des questions dans un texte qu'ils ne comprennent même pas. Mais bon au moins Ahmed et Louhou auront une bonne note en français. Là-dessus arrive le couscous au poulet et aux feuilles de choux. Eh oui c'est vendredi, jour de congé et jour du couscous.

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Dur dur le réveil le lendemain. Entre la toux de Mohammed, le copain qui brasse, le muezzin à rallonge et pour finir la livraison de dattes très matinale (6h), la nuit a été assez séquencée. Au petit déj, c'est soupe, pain et dattes. Simple mais efficace. Il y a eu moins d'échanges verbaux avec la famille de Mohammed qu'avec les autres, mais il y avait de l'émotion quand même. En partant, Simon revêt son habit de docteur et soigne l'une des filles qui a une plaie bien suintante sur la lèvre. Il leur laisse le désinfectant d'Aurel et les cotons tiges, et surtout "on ne met pas ses gros doigts sales dessus". Encore des dattes en cadeau, même si on en a déjà plein les sacoches.

On s'enfile 40 km jusqu'à Nekob. Fini la palmeraie, bienvenue dans le monde mineral. On arrive à point pour le tajine et les brochettes. Pour le même prix ( 30Dh le tajine et 4Dh la brochette), on nous apporte du thé, des kowkows, des patisseries, des frites en accompagnement, et des grenades épluchées en dessert. On pensait avoir à négocier l'addition, mais non, c'est offert par la maison. Bonne ambiance.

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Après ça, fini la rigolade. Et si on se prenait un ptit Paris-Dakar en dessert? On retrouve la piste pour remonter le flanc sud du Sahro. Le soleil tape fort dans ce désert minéral. Après avoir roulé au fond des gorges, on finit par bivouaquer in extremis... devant le Bab n'Ali. Oh zut alors, ça devait être prévu pour notre trek. On va quand même pas se plaindre !

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Se réveiller au pied du Bab n'Ali, c'est la classe. Comme on est bien calés, et en avance sur les prévisions (si prévision il y a), ce matin on glande un peu. Aurel va explorer le Bab, Simon fait le mécanicien, Amel... ne fait rien ! Après un débat agité sur la suite des évènements (faut bien élever un peu la voix de temps en temps) repos?vélo?pique-nique? On renfourche nos vélos. Cette demi-journée de vélo sera uniquement de la montée (900 D+) sur une piste (très) moyenne, mais avec une vue magnifique. Après avoir buté plusieurs fois contre des cailloux, et m'être pris une fois le vélo dans la jambe, une fois la selle là où je pense, je finis les derniers kilomètres avant le col à pied en poussant. Tamazir, ma monture (baptisée ainsi tel la mule de Frederique Jullien dans sa traversée de l'Atlas, signifiant "jeune femme libre"), me remercie également. Car depuis quelques jours, ma chaîne fait un sacré bruit, un peu comme si elle allait me lâcher. C'est finalement au soleil couchant que, fatigués l'un et l'autre, Tamazir et moi rejoignons Aurel et Simon en haut du col. Pour une fois il y a des nuages, ce qui donne un panorama splendide au moment où le soleil passe derrière la montagne.

 

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Alors que je disais "pour une fois il y a des nuages", eh bien ce matin "pour une fois il pleut". Ambiance complètement irlandaise. Alors qu'hier c'était short et thi-shirt, ce matin les gouttes de pluie deviennent flocons de neige, et c'est plutôt doudoune dans le duvet. Enfin y'a de quoi s'occuper quand même. Comme il ne reste plus grand chose à lire, et que je viens de commencer un bon gros pavé, on l'a coupé par tranches de 100 pages, et on se les fait tourner ! Trop bonne... ta lecture !!! Et puis avec la neige qui s'affaisse sur la toile, il faut aller de temps en temps secouer la tente, et aussi creuser des tranchées anti-innondations (j'ai eu la bonne idée de faire pipi à côté de la tente et bien sûr le terrain est en pente!)

Après avoir attendu l'eclaircie toute la journée, à 16h, nous sortons de notre léthargie et une fois les affaires repliées, nous reprenons la route (pour à peine deux heures). Nous installons le bivouac alors que le soleil s'est déjà couché. Il y a un jeune, du douar d'à côté, qui veut nous inviter chez lui, mais on va plutôt replanter la tente pour la faire sécher.

 

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Même si au petit matin, la tente est toute givrée... Alors que la veille c'était semoule dans la tente, ce matin c'est un petit déjeuner de luxe. Simon part chercher du roubs dans le douar, et tombe nez à nez avec la "boulangerie". Entre quatre murs, dans 4m2, complètement enfumées, il y a deux zouina qui font du pain dans un petit four et sur une plaque posée sur le feu, alimenté par des buissons secs. C'est pour ça que ça fume autant. Les voisines arrivent avec quelques gamins, et lui amènent une chaise et du thé. "Choukrane mais il y a mes amis à la guitoune". "Ma kayne mouchkil, on fait livraison à domicile". Et voilà comment on voit arriver Simon et sa horde d'enfants qui nous apportent littéralement sur un plateau le thé, le pain qui sort du four, l'huile, les dattes... Avec en prime le soleil qui nous réchauffe... un pur bonheur !

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On descend les contreforts du Sahro dans un froid qui pique un peu le visage. C'est plutôt descendant, donc les kilomètres défilent sans trop forcer, avec toujours en ligne de mire au fond le M'Goun et ses voisins coiffés de neige. Après un tajine à Boumalne Dadès (eh oui ENCORE un tajine, mais il faut bien justifier notre titre Vélo Trek et Tajine), nous suivons la route jusqu'à Kelaat M'Gouna où nous faisons halte pour une journée de repos avant notre prochain trek. La vallée est bien touristique, avec les gorges du Dadès à quelques kilomètres, ainsi que la vallée des roses. Il y a d'ailleurs ici quantité de boutiques vendant tout type de produit à base de rose (les boutiques pourraient ressembler de loin à des marchands de Barbies). Bref, comme c'est touristique, il a fallu négocier sévère pour un petit hôtel pas cher et surtout pour pouvoir laisser nos vélos le temps du trek.

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Amel