Après 6 jours de semoule, forcément un petit déj en ville nous fait bien plaisir. N'ayant plus de gaz, ni vraiment de bouffe, on avait acheté à Imi n'Ouarg en prévision d'un dernier repas rustique des petits beurres marocains (c'est-à-dire sans beurre) et une brique de lait. Du coup, ce matin, on peut tremper la chocolatine dans un vrai chocolat chaud, se rappeler que le pain c'est meilleur quand c'est frais et que les fruits c'est sympa aussi. 

Après ce bon petit déj, programme urbain. Douche, lessive, internet, refaire les sacs, et tajine bien sûr ! On termine la journée par une trentaine de kilomètres de vélo, d'abord le long de l'oued, puis dans des paysages plus désertiques. Bivouac un peu bruyant (route proche et chiens), mais tranquille et ensoleillé le lendemain.

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Après avoir traîné un peu au bivouac, les 17km jusqu'à Skoura sont vite avalés (enfin pour Amel, ils sont plutôt régurgités...). Elle est de nouveau barbouillée, et rêve d'être allongée dans un lit. Mais là, on est plutôt assis devant un poulet frites! Ce qui ravit Aurel et moi-même, mais laisse Amel de marbre. Même le Maruja (chocolat marocain) ou les Mégachoc ne lui font pas envie. C'est grave docteur ! 

Après manger, qui on croise? Pascal et Géraldine, les randonneurs du Sahro. Marrant de se trouver ici, un peu au milieu de nulle part. L'après-midi, on roule tranquille, et après 23km, on prend une petite piste pour quitter la route et trouver un bivouac. Car Amel, à défaut de lit rêve de tapis de sol et de duvet... On est bien calés pour notre dernier bivouac marocain, histoire de bien finir. C'est pas souvent que l'on voit le soleil descendre doucement et adoucir l'ambiance de ce bivouac minéral.  

Pour ce dernier réveil dans la tente, je vais regarder le lever du soleil sur la bute d'à côté. Bien calé dans ma djelaba, j'attends tranquillement que le soleil émerge du Sahro. Il illumine d'abord les neiges du Haut Atlas avant de parcourir la plaine où nous campons. Ca a l'air de rien, mais peut-être parce que c'est le dernier, ça m'émeut vraiment. 

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Pas pressés pour le ptit déj, on profite de ces derniers instants au milieu de nulle part. Et puis, nous reprenons la route pour Ouarzazate. Ca nous fait bizarre de refaire les 15km qu'on avait effectués il y a de ça pas loin d'un mois. Mais cette fois, on n'a pas le vent dans le nez ! A Ouarzazate, après avoir négocié avec plusieurs mecs, on embarque finalement dans le bus pour Marrakech. On s'en tire pour 120 Dh de suppléments pour les 3 vélos alors qu'on nous avait dit que c'était 20Dh par vélo. "Mais là, vous avez des remorques, des bagages,..." J'ai bien cru qu'on allait prendre le suivant. Pour Amel, le Tizi n'Tichka aura été le col le plus dur du trip vélo trek et tajine. Pire que les pentes aux pourcentages qui s'affolent. Deux bonnes heures du bus en montagne et la voilà plus bas que terre. A la pause, tajine à 20Dh pour seulement Aurel et moi. Pouet pouet! Tout le monde remonte dans le bus. Finalement, au vu de la santé d'Amel, on abandonne les projets de couch surfing.

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MARRAKECH: ARNAKECH

Tuuut tuutt, pouet pouet, "taxi", "hôtel", tout un bordel pour nous accueillir. Bordel de circulation, bordel dans la gare routière (ça grouille de monde), bordel pour trouver un hôtel: l'un complet, l'autre trop cher, un autre bon prix mais sans les vélos (ça abime la peinture!), enfin on trouve ce qu'il nous faut. Plus cher que d'habitude (150Dh à trois) mais on a la douche chaude et les toilettes à l'intérieur. On ferme la porte... et on peut souffler...ouf !!! Bienvenue à Marrakech !

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Une douche chaude, un petit tour chez le barbier, un sandwich saucisse kefta foie oeuf fromage (à 12 Dh)... et nous voilà fin prêts pour se diriger vers la place Jemaa El Fna. C'est de nouveau le bordel pour y parvenir: ça roule vite et dans tous les sens, au milieu des étalages de pieds de vache, de souvenirs pour touristes, d'épices en tout genre. Et les rabatteurs, qui nous rabattent les oreilles: "Plaisir des yeux", "moins cher que gratuit", "moins cher que chez Leclerc", "et pour la belle mère"...

Et en même temps, il fait du bien ce grand bordel. Ca nous change de nos soirées en ville où, une fois le repas terminé, les rues étaient désertes. Ici, à 21h, y'a de la vie partout. On se fait une petite friture de poisson avec Aurel sur la grande place, pendant qu'Amel essaie toujours de digérer son sandwich. Y'a des touristes partout, et on nous accoste aussi bien en français qu'en anglais. Mais y'a aussi pas mal de touristes marocains. Après manger, l'animation continue: théâtre (on comprend pas grand chose), musique, charmeurs de serpent, dresseurs de vautour, et autres représentants de commerce en tout genre !

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Le lendemain, on se ballade de nouveau dans la medina. On en profite pour faire quelques achats: babouches, claquettes négociées sévèrement pour Amel, et quelques autres conneries. Ce qui est sympa, c'est qu'en plus des boutiques, on voit aussi les artisans qui travaillent. Fabrication des babouches, teinturiers, tourneurs de bois, artisanat de métal... Bref, de quoi découvrir l'envers du décor. A la sortie du grand souk, on tombe sur le coin des boui-boui... C'est justement l'heure du déjeuner. Brochettes, poisson frit, on connaît. Marmite de tripes... euh non merci. Finalement on trouve notre bonheur: pour 15Dh, une assiette de marmite de poisson (pas frit) et une assiette de lentilles. C'est nouveau, c'est bon, et pas un touriste dans le boui boui. Tout ce qu'on aime. En dessert, une coupelle de salade de fruits au lait (5Dh), et pareil c'est The Place to Be !!

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Après s'être paumés complètement, et après moult détours, impasses, déviations, on retrouve la place J.E.F. Ca fait de bien de se poser. Le soleil descend tranquillement pendant que les gargottes du soir se mettent en place. Bref, c'est sympa de voir du monde, de l'animation, mais on n'y passerait quand même pas une semaine. Ca tombe bien, ce soir, on prend le bus de nuit pour Tanger. Allez, un dernier tour à JEF pour tester une nouvelle boisson. C'est une sorte d'infusion aux épices qui arrache bien, servie avec un petit gâteau. C'est bon et ça donne la baraka. C'est aussi l'occasion de discuter avec un jeune marocain, Brahim, en stage à Marrakech, qui finalement me paiera mon verre.

Après avoir attendu une plombe à l'hôtel pour retrouver la clé du "garage à vélo", nous voici à la gare routière. Et c'est (encore) le gros bordel. Y'a des rabatteurs partout, et tout ce petit monde est très énervé. Le gars qui travaille soit disant pour la compagnie nous réclame 300Dh pour les vélos. Le ton monte très vite, et après de longues minutes de négociations et enguelades, on s'en sort pour 160Dh pour les trois vélos. Avec la mauvaise impression de s'être fait arnaquer comme il faut. En gros, le gars qui négocie avec nous doit se prendre une marge, et paye ensuite la gars du bus. Et contrairement aux babouches, tu peux pas dire "non ça ne me plaît pas, je m'en vais"! Dommage de terminer sur cette note. Pour couronner le tout, on arrive à Tanger après une bonne nuit de merde dans le bus. Comme si le mec qui avait aménagé les bus n'avait jamais dormi dedans.

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TANGER: DANGER

Changement d'ambiance. Après les immeubles et les boîtes de nuit du front de mer, on prend la direction de la Medina. La vie ici est à l'espagnole. Relax, les boutiques ouvrent tard le matin ou n'ouvrent pas du tout (cyber), les gens mangent plus tard, et on nous accoste plutôt en espagnol. On déambule dans les petites rues de la médina, en attendant que le cyer n'ouvre pas, et que la chambre se libère. Finalement, on prend nos quartiers dans la Pension Regina, la moins chère (30Dh/pers). Et surprise, pour le prix d'une chambre à trois, on a le droit à deux chambres. Et on peut même laisser les vélos à l'intérieur.

Pendant qu'Amel termine, ou plutôt commence sa nuit, on va faire des courses avec Aurel. La pension est située à proximité des halles où, d'un côté, il y a un grand marché aux poissons et de l'autre de quoi faire un pic-nique varié: pain (genre de crèpe), olives à l'ail, légumes, fruits... L'après-midi, chacun vaque à ses occupations: grosse sieste pour Simon, cyber pour Amel, achats de souvenirs et promenades pour tout le monde. Un petit ciné "Sur les chemins de l'école" (qui se passe entre autre dans le Haut Altas), une soupe (enfin deux pour la morfale d'Amel) et au lit !

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Comme à Marrakech, je vais me promener tout seul dans le Tanger qui s'éveille. Le fait que tout soit fermé me permet de lever les yeux et de découvrir une ville cosmopolite. Les circuits touristiques me permettent de visiter la ville en passant par les points remarquables: porte d'entrée de la Médina, remparts, petites ruelles étroites, mosquées, mais aussi églises, et canons, témoignant d'un passé chargé. Les noms des rues français ou espagnols, le musée de la légation américaine permettent d'imaginer l'histoire mouvementée de la ville.

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Et même si on a l'habitude d'associer Tanger Danger, j'apprécie beaucoup d'être ici. En fait, le vendeur de babouches de Marrakech nous a appris que le danger de Tanger, c'est plutôt le kif qui, ici, est plus fort qu'ailleurs. Je retouve Amel pour un petit déj 3 étoiles : jus d'avocat, café au lait, un flanc, méloui au chocolat, gâteau de semoule. Et comme hier, chacun s'occupe à sa façon. Avec ce grand marché aux poissons, ce soir, au menu, c'est sardines grillées.

 

C'est la fin de la partie marocaine du Vélo Trek Tajine. Car le lendemain, direction Tanger Med... 40 bornes avec un vent à décorner les boeufs...pour embarquer sur le bateau en direction de Sète.

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Bslama et choukrane pour l'accueil !