Vélo Trek et Tajine

24 novembre 2015

Vélo Trek Tajine sur Carnets d'Aventure

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26 décembre 2013

Fiche pratique: le Maroc à vélo

1) Langue

2) Bateau

3) Saison

4) Budget

5) Vélo - Remorque

6) Tente, réchaud, tapis de sol, duvet

7) Vêtements

8) Trek - Topo

9) Route

10) Bus au Maroc

11) Rencontres

12) En vrac

 

1) Langue

En ville, ils parlent tous bien français. Dans les villages plus reculés, ou dans les treks, parfois seulement quelques mots de français. Il faut apprendre quelques bases (eau, pain, ...) en arabe mais aussi bien souvent en berbère. Il existe des guides français-marocain. On avait le guide conversation Assimil français marocain.

 

2) Le bateau

 

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Trajet Sète/Tanger aller/retour: un peu plus de 200euros

On avait hésité avec l'avion, Aurel étant plus motivé pour le bateau, au final plusieurs raisons nous ont fait choisir ce dernier:

- Ayant le temps, nous pouvions passer 4jours sur le bateau (40 heures par trajet). Justement, on a apprécié cette transition en douceur entre deux continents si différents.

- Parce que le bateau est à vitesse plus humaine: on peut ainsi mieux se rendre compte des distances.

- Parce que le bateau est aussi synonyme de simplicité: pas besoin de démonter les vélos et les remorques, pas de limitation de poids et donc pas de surtaxes (et ça permet de griller toute la file de la douane!)

- Parce que le bateau c'est écolo: ça va bien dans notre logique du voyage à vélo

 

3) Les saisons

Avec seulement deux jours de mauvais temps, nous avons eu de la chance, mais nous avions aussi anticipé d'être au bon endroit à la bonne saison. En général, pour le Moyen Atlas et le Haut Atlas, la saison s'arrête vers fin octobre - mi novembre. Alors qu'il commençait à neiger sur l'Atlas, on a basculé au Sud mi-novembre pour retrouver un climat plus clément. L'anti-Atlas et le sud marocain se parcourent bien en automne, hiver, et printemps. Mais au début de l'hiver, c'est moins touristique, et le marchandage est donc plus facile :)

 

4) Budget

La vie au Maroc est vraiment bon marché, si l'on n'est pas très regardant (hôtel, resto). Nous avons dépensé 5 euros/ jour/ personne au quotidien pendant les deux mois sur place. Cela inclut de nombreux restos, une moyenne d'une nuit d'hôtel par semaine (hôtel à 100 Dh pour 3), et le bus Ouarzazate-Marrakech et Marrakech-Tanger. A cela il faut rajouter les souvenirs (qui ne s'élèvent pas bien haut) et le bateau aller-retour: un peu plus de 200euros.

 

5) Vélo - Remorque

 

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AUREL:

Mon vélo est un Cranbrook solution bleu pale (500e sur BikeDiscount).. Je n'en ai jamais vu d'autres, je ne le retrouve même pas sur internet... 

Ce qui a posé problème :

Je m'étais acheté une roue arrière neuve 80e spécialement pour l'occasion (l'année dernière j'avais cassé 11 rayons avec la roue d'origine...) (Rearwheel 28" XT T780 V-Brake/ A319 36L). J'ai finalement cassé la roue libre : corps de roue libre (plastoc composite) en 5 morceaux... 

Après quoi je suis passé à une roue complète à 200 dh, mais pour ce prix là je n'avais que 7 vitesses et surtout un axe plein > impossible d'utiliser l'axe de fixation de la Bob. J'ai donc fixé la Bob avec les boulons du porte bagages arrière.

Donc comme l'année dernière j'ai cassé de nombreux boulons (fixation du porte bagage avant, fixation sur le cadre de la Bob après changement de roue) ces boulons sont vraiment dans un alliage de m... Le problème est qu'ils cassent à l'intérieur du cadre et qu'il est donc compliqué de les extraire. En France je fais des trous en ligne avec un petit foret pour pouvoir les dévisser avec un tournevis plat. Au maroc ils ont soudé une barre en fer au morceau de boulon restant pour s'en servir comme levier et dévisser.

J'ai aussi cassé mon porte bagage avant low rider hebie au niveau de la soudure. Le porte bagage avait au moins 10000km au compteur. Je l'ai utilisé jusqu'à la fin avec un collier de serrage de plombier (il est en alu donc pas de soudure...)

Ces aléas font partis de l'aventure : ma keyn mouchkil tant qu'on peut repartir.

SIMON:

Après cinq voyages avec un vélo qui commençait à fatiguer, j'ai investi dans le vélo bien connu de cyclo randonnée (1200euros). Simple et robuste, je rentre très satisfait de ce dernier (une seule crevaison). Prêt à repartir en l'état et convaincu que le 26' c'est la base, hors Europe. Sachant que nous prenions le bateau, que nous allions faire de la piste chargés, la remorque Bob Ibex était bien aussi bien adaptée (très robuste). Sylvain, un de mes hôtes Warmshower qui a fait le tour du monde avec une Ibex, n'avait rien à lui repprocher après 2ans de vélo. La remorque + 2 sacoches à l'avant m'ont permis de répartir la charge. Je conseille ce montage.

AMEL:

Sachant que nous allions faire de la piste, Simon a insisté pour que j'achète un vélo digne de ce nom (pour éviter aussi d'être coincés à cause de moi). J'ai donc investi dans un vélo Ortler Meran (en promo, 500euros au lieu de 800euros). J'ai acheté en plus un porte bagage avant (cyclo-randonnée Tubus tara). J'avais deux sacoches arrières et deux saoches avant, ce qui me suffisait amplement, étant donné que Simon portait la tente et le réchaud. Je mettais mon tapis de sol et autres bricoles dans une poche sur mon porte-bagage arrière. J'étais bien contente d'avoir un vélo neuf (une seule crevaison) et pas d'autres problèmes, si ce n'est un bruit de chaîne certainement dû à la boue encrassée. Un rétroviseur est bien utile (5euros chez Decat), notamment quand les gamins te suivent de trop près, tu peux les surveiller discrètement. J'avais aussi une sacoche de guidon, très pratique pour regarder souvent la carte ou prendre l'appareil photo.

 

6) Tente, réchaud, tapis de sol, duvet

TENTE:

 

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AMEL ET SIMON:

Tente Exped Venus 2 (520euros): Tente 4 saisons, conçue pour des conditions difficiles, double-toit en tissu siliconé des deux côtés, forme basse pour améliorer la résistance au vent.

Une tente solide (et résistante au vent), autoportante (sans les absides), bien conçue pour le vélo (chacun une abside pour mettre ses sacoches), et pas trop lourde pour pouvoir faire du trek (2,5kg). C'était la tente idéale pour le Vélo Trek Tajine !

AUREL: 

Tente The North Face Meso 2, ok pour une personne, autoportante, 4 saisons (sans être une tente d'expé...). Pas du tout pratique pour 2.

RECHAUD:

On n'a pas croisé de cartouches de gaz format randonneur (500g). Du coup, on avait 4bouteilles de gaz pour les treks et le matin (merci encore le bateau) et le réchaud à essence (MSR) pour le soir. Ses inconvénients (odeur, préchauffage et nettoyage) se font vite oublier quand la durée de cuisson des pâtes est en moyenne de 10 minutes et que la plus petite bouteille de gaz disponible pèse bien 5kg.

TAPIS DE SOL ET DUVET:

On a utilisé notre matériel de montagne habituel avec quelques nouveautés.

SIMON:

Duvet Valandré Swing 500, une base. La nouveauté, c'est le tapis de sol Thermarest Neo Air. Léger et hyper confortable, il m'a permis de dormir comme un bébé. Faut jute ne pas s'allonger dans les épines (hein Amel!).

AMEL:

Etant frileuse, j'ai pris mon duvet Valandré Swing 900, et je ne le regrette pas, car à défaut de vêtements hyper chauds, je me plongeais dans mon duvet arrivés au campement. Au niveau tapis de sol, j'ai un tapis de sol Thermarest 3/4 c'est-à-dire qu'il m'arrive au niveau des genoux (gain de poids lors de mes précédentes randos). Je le savais insuffisant pour ce voyage, mais au lieu de prendre un nouveau Thermarest super light comme Simon, je décide de prendre un deuxième tapis. Me connaissant aussi, c'est-à-dire peu soigneuse (j'ai déjà crevé un précédent tapis de sol en faisant la sieste sur l'herbe), je préfère assurer le coup, et prendre un des deux tapis de sol non gonflable. J'ai donc pris le Thermarest Z-Lite, qui me sert aussi en montagne sur la neige. En vélo, c'était confort, j'empilais les deux tapis de sol l'un sur l'autre, et en trek, je prenais uniquement mon tapis 3/4 en mettant des vêtements dans un sac sous les pieds pour m'isoler du froid.

AUREL:

Duvet RAB, et matelas thermarest Neorair Trekker.

 

7) Vêtements

Comme on fait déjà des randos et de la montagne, on était déjà bien équipés. On avait chacun:

- quelques thi-shirt (2 pour Amel, 3 pour les gars)

- un thi-shirt manche longue (genre Odlo)

- une polaire ou pull pour le soir

- une doudoune (Quechua pour tout le monde)

- une Gore-Tex. Aurel avait en plus une cape de pluie mais ne s'en est pas servi.

- un cycliste de vélo

- un pantalon léger (un caleçon polaire en plus pour Amel)

- une paire de basket et une paire de tongues

- un bonnet et des gants

- slips, chaussettes évidemment :)

On s'est réveillés plusieurs matins avec du givre sur la tente et on a même eu un peu de neige à un bivouac. On était donc contents d'avoir des affaires chaudes. Il fait souvent bon voire chaud la journée, mais le soir, ça caille !

 

8) Trek - Topo

L'an dernier, nous avions déjà effectué deux treks du guide Olizane (tour du Toubkal et tour du Siroua). Cette année, nous avons découvert deux autres massifs: le M'Goun et le Sahro. Le tour du M'Goun s'effectue généralement plutôt au printemps-été-début automne, alors que le tour du Sahro s'effectue à partir de fin octobre et jusqu'au printemps: altitude plus modeste et proximité du désert.

- Toubkal: marquage rose fluo sur une bonne partie du parcours (marquage du trail du Haut Atlas). Sentiers fréquentés et bien marqués, nombreux villages, points d'eau réguliers, quelques épiceries au début.

- Siroua: sentiers peu marqués et peu fréquentés. Parfois le chemin disparaît puis réapparaît une heure plus tard. Orientation plus difficile, peu de villages et presque pas de commerces. Source présentes au moins une fois par jour.

- M'Goun: marquage rouge jusqu'au refuge. Orientation plus facile. Au moins une source croisée en plus du bivouac. Pas de commerces.

- Sahro: Orientation pas évidente (on avance souvent à vue). Points d'eau plus rares dans la journée (mais puits présents). 

Les croquis et explications du topo Olizane nous ont permis de réaliser ces 4 treks en autonomie (non sans nous perdre de temps en temps), sachant que nous pratiquons régulièrement la montagne "hors des sentiers battus" en France. Au Maroc, point de panneaux, ni de balisages omniprésents. Pour les moins agguérris, il existe à tous les départs de trek des guides marocains formés et compétents*. Pour le ravitaillement, on prenait en général tout sauf le pain que l'on peut acheter facilement aux berbères (il suffit de toquer à la bonne porte). Pour ceux qui ne veulent pas d'un sac lourd, les treks encadrés par des guides sont souvent accompagnés de mules.

*On a croisé un guide vraiment sympa: Hassain Ouami : 2002@yahoo.fr, qui travaille aussi à Terres Oubliées.

 

9) Routes

On n'a pas regretté notre choix de prendre uniquement des petites routes et des pistes, et d'éviter les nationales. Tranquillité et rencontres authentiques assurées. Réseau secondaire très abondant mais pas toujours bien décrit sur les cartes. Ne pas hésiter à demander aux locaux. On avait deux cartes, la Michelin et la IGN. Je conseillerais plutôt la Michelin et ses zones zoomées au 1/600 000.

 

10) Bus au Maroc

 

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On peut aller à peu près partout en bus au Maroc avec son vélo.

Ourzazate-Marrakech: 80 Dh trajet + 40 Dh par vélo (et bagages)

Marrakech-Tanger: 150 Dh + 50 Dh par vélo (et bagages)

Mieux vaut arriver en avance et avoir la possibilité de prendre le bus suivant , car après avoir acheté le ticket (un peu négociable), il faut s'attaquer à la négociation des bagages en soute qui est plus compliquée. Souvent avec des intermédiaires et pas toujours dans une ambiance détendue.

 

11) Rencontres

Les marocains sont très accueillants et généreux, et on s'est fait inviter plusieurs fois sans rien demander. Souvent, alors qu'on demandait simplement à planter la tent près de chez eux, on s'est retrouvés au chaud à boire le thé en attendant le tajine...

 

12) En vrac, trucs et astuces:

 

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- pour protéger la tente, on mettait une couverture du survie dessous.

- Simon a opté pour un oreiller gonflable (5euros à Décath), qui lui servait également de siège

- Aurel a opté pour une "chaise" pliable Décath (qui se referme en deux parties)

- on avait une bâche de scooter qu'on mettait la nuit sur nos trois vélos: discretion et protection ++

- rétroviseur de vélo, très pratique lorqu'on se sent suivi

- pas pratique: un bidon de vélo, qui récupère toute la poussière sur la tétine

 

Pour plus de questions, n'hésitez pas: banse.simon@gmail.com, melouille@libertysurf.fr, aurelien.vigeanel@gmail.com

 

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13 décembre 2013

Bilan Vélo Trek Tajine

Le temps du bilan est arrivé :

- 41 jours de Vélo

- 11 jours de Trek

- d'innombrables Tajines

- plus de 2000km à vélo (même si un compteur à déniv serait plus représentatif)

- 2 jours de mauvais temps sur 2 mois

- un budget de 5 euros/ personne/ jour

- des paysages allant de la mer à la montagne, de la neige au sable, des forêts de cèdres aux palmeraies

- des routes allant de la rocade méditérranéenne à de la piste caillouteuse voire même au sentier de randonnée

- un accueil 5 étoiles

- des bivouacs aux 1001 étoiles

 

Je remercie:

- Papa Maman pour la sacoche de guidon, le compteur, les gants (et le soutien bien sûr)

- la famille Banse pour les sacoches arrières

- Simon pour avoir fait le mécano pendant toute la durée du voyage

- Aurel et Simon pour m'avoir attendu à tous ces innombrables cols

- les Mohammed, Aziz, Moustafa... pour nous avoir accueillis chez eux

- tous les marocains pour les encouragements, invitations au thé, au goûter, au dîner, et même parfois tout à la fois

- Tamazir, ma monture, qui a bien tenu le coup, même si je ne l'ai pas ménagée

- mon patient marocain, pour m'avoir appris un chouya d'arabe, et à compter notamment jusqu'à 100 (pratique pour négocier)

- et vous, lecteurs, pour nous avoir suivi pendant tout le périple, et pour vos messages d'encouragements

 

Je ne remercie pas:

- les amibes de mon estomac

- les gamins relous de Tamalou

- les voleurs de pull

- les chiens qui voulaient croquer mes mollets

 

Vélo Trek Tajine bientôt sur http://www.expemag.com/

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12 décembre 2013

La grande remontée vers le nord (Kelaat-Tanger)

Après 6 jours de semoule, forcément un petit déj en ville nous fait bien plaisir. N'ayant plus de gaz, ni vraiment de bouffe, on avait acheté à Imi n'Ouarg en prévision d'un dernier repas rustique des petits beurres marocains (c'est-à-dire sans beurre) et une brique de lait. Du coup, ce matin, on peut tremper la chocolatine dans un vrai chocolat chaud, se rappeler que le pain c'est meilleur quand c'est frais et que les fruits c'est sympa aussi. 

Après ce bon petit déj, programme urbain. Douche, lessive, internet, refaire les sacs, et tajine bien sûr ! On termine la journée par une trentaine de kilomètres de vélo, d'abord le long de l'oued, puis dans des paysages plus désertiques. Bivouac un peu bruyant (route proche et chiens), mais tranquille et ensoleillé le lendemain.

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Après avoir traîné un peu au bivouac, les 17km jusqu'à Skoura sont vite avalés (enfin pour Amel, ils sont plutôt régurgités...). Elle est de nouveau barbouillée, et rêve d'être allongée dans un lit. Mais là, on est plutôt assis devant un poulet frites! Ce qui ravit Aurel et moi-même, mais laisse Amel de marbre. Même le Maruja (chocolat marocain) ou les Mégachoc ne lui font pas envie. C'est grave docteur ! 

Après manger, qui on croise? Pascal et Géraldine, les randonneurs du Sahro. Marrant de se trouver ici, un peu au milieu de nulle part. L'après-midi, on roule tranquille, et après 23km, on prend une petite piste pour quitter la route et trouver un bivouac. Car Amel, à défaut de lit rêve de tapis de sol et de duvet... On est bien calés pour notre dernier bivouac marocain, histoire de bien finir. C'est pas souvent que l'on voit le soleil descendre doucement et adoucir l'ambiance de ce bivouac minéral.  

Pour ce dernier réveil dans la tente, je vais regarder le lever du soleil sur la bute d'à côté. Bien calé dans ma djelaba, j'attends tranquillement que le soleil émerge du Sahro. Il illumine d'abord les neiges du Haut Atlas avant de parcourir la plaine où nous campons. Ca a l'air de rien, mais peut-être parce que c'est le dernier, ça m'émeut vraiment. 

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Pas pressés pour le ptit déj, on profite de ces derniers instants au milieu de nulle part. Et puis, nous reprenons la route pour Ouarzazate. Ca nous fait bizarre de refaire les 15km qu'on avait effectués il y a de ça pas loin d'un mois. Mais cette fois, on n'a pas le vent dans le nez ! A Ouarzazate, après avoir négocié avec plusieurs mecs, on embarque finalement dans le bus pour Marrakech. On s'en tire pour 120 Dh de suppléments pour les 3 vélos alors qu'on nous avait dit que c'était 20Dh par vélo. "Mais là, vous avez des remorques, des bagages,..." J'ai bien cru qu'on allait prendre le suivant. Pour Amel, le Tizi n'Tichka aura été le col le plus dur du trip vélo trek et tajine. Pire que les pentes aux pourcentages qui s'affolent. Deux bonnes heures du bus en montagne et la voilà plus bas que terre. A la pause, tajine à 20Dh pour seulement Aurel et moi. Pouet pouet! Tout le monde remonte dans le bus. Finalement, au vu de la santé d'Amel, on abandonne les projets de couch surfing.

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MARRAKECH: ARNAKECH

Tuuut tuutt, pouet pouet, "taxi", "hôtel", tout un bordel pour nous accueillir. Bordel de circulation, bordel dans la gare routière (ça grouille de monde), bordel pour trouver un hôtel: l'un complet, l'autre trop cher, un autre bon prix mais sans les vélos (ça abime la peinture!), enfin on trouve ce qu'il nous faut. Plus cher que d'habitude (150Dh à trois) mais on a la douche chaude et les toilettes à l'intérieur. On ferme la porte... et on peut souffler...ouf !!! Bienvenue à Marrakech !

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Une douche chaude, un petit tour chez le barbier, un sandwich saucisse kefta foie oeuf fromage (à 12 Dh)... et nous voilà fin prêts pour se diriger vers la place Jemaa El Fna. C'est de nouveau le bordel pour y parvenir: ça roule vite et dans tous les sens, au milieu des étalages de pieds de vache, de souvenirs pour touristes, d'épices en tout genre. Et les rabatteurs, qui nous rabattent les oreilles: "Plaisir des yeux", "moins cher que gratuit", "moins cher que chez Leclerc", "et pour la belle mère"...

Et en même temps, il fait du bien ce grand bordel. Ca nous change de nos soirées en ville où, une fois le repas terminé, les rues étaient désertes. Ici, à 21h, y'a de la vie partout. On se fait une petite friture de poisson avec Aurel sur la grande place, pendant qu'Amel essaie toujours de digérer son sandwich. Y'a des touristes partout, et on nous accoste aussi bien en français qu'en anglais. Mais y'a aussi pas mal de touristes marocains. Après manger, l'animation continue: théâtre (on comprend pas grand chose), musique, charmeurs de serpent, dresseurs de vautour, et autres représentants de commerce en tout genre !

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Le lendemain, on se ballade de nouveau dans la medina. On en profite pour faire quelques achats: babouches, claquettes négociées sévèrement pour Amel, et quelques autres conneries. Ce qui est sympa, c'est qu'en plus des boutiques, on voit aussi les artisans qui travaillent. Fabrication des babouches, teinturiers, tourneurs de bois, artisanat de métal... Bref, de quoi découvrir l'envers du décor. A la sortie du grand souk, on tombe sur le coin des boui-boui... C'est justement l'heure du déjeuner. Brochettes, poisson frit, on connaît. Marmite de tripes... euh non merci. Finalement on trouve notre bonheur: pour 15Dh, une assiette de marmite de poisson (pas frit) et une assiette de lentilles. C'est nouveau, c'est bon, et pas un touriste dans le boui boui. Tout ce qu'on aime. En dessert, une coupelle de salade de fruits au lait (5Dh), et pareil c'est The Place to Be !!

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Après s'être paumés complètement, et après moult détours, impasses, déviations, on retrouve la place J.E.F. Ca fait de bien de se poser. Le soleil descend tranquillement pendant que les gargottes du soir se mettent en place. Bref, c'est sympa de voir du monde, de l'animation, mais on n'y passerait quand même pas une semaine. Ca tombe bien, ce soir, on prend le bus de nuit pour Tanger. Allez, un dernier tour à JEF pour tester une nouvelle boisson. C'est une sorte d'infusion aux épices qui arrache bien, servie avec un petit gâteau. C'est bon et ça donne la baraka. C'est aussi l'occasion de discuter avec un jeune marocain, Brahim, en stage à Marrakech, qui finalement me paiera mon verre.

Après avoir attendu une plombe à l'hôtel pour retrouver la clé du "garage à vélo", nous voici à la gare routière. Et c'est (encore) le gros bordel. Y'a des rabatteurs partout, et tout ce petit monde est très énervé. Le gars qui travaille soit disant pour la compagnie nous réclame 300Dh pour les vélos. Le ton monte très vite, et après de longues minutes de négociations et enguelades, on s'en sort pour 160Dh pour les trois vélos. Avec la mauvaise impression de s'être fait arnaquer comme il faut. En gros, le gars qui négocie avec nous doit se prendre une marge, et paye ensuite la gars du bus. Et contrairement aux babouches, tu peux pas dire "non ça ne me plaît pas, je m'en vais"! Dommage de terminer sur cette note. Pour couronner le tout, on arrive à Tanger après une bonne nuit de merde dans le bus. Comme si le mec qui avait aménagé les bus n'avait jamais dormi dedans.

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TANGER: DANGER

Changement d'ambiance. Après les immeubles et les boîtes de nuit du front de mer, on prend la direction de la Medina. La vie ici est à l'espagnole. Relax, les boutiques ouvrent tard le matin ou n'ouvrent pas du tout (cyber), les gens mangent plus tard, et on nous accoste plutôt en espagnol. On déambule dans les petites rues de la médina, en attendant que le cyer n'ouvre pas, et que la chambre se libère. Finalement, on prend nos quartiers dans la Pension Regina, la moins chère (30Dh/pers). Et surprise, pour le prix d'une chambre à trois, on a le droit à deux chambres. Et on peut même laisser les vélos à l'intérieur.

Pendant qu'Amel termine, ou plutôt commence sa nuit, on va faire des courses avec Aurel. La pension est située à proximité des halles où, d'un côté, il y a un grand marché aux poissons et de l'autre de quoi faire un pic-nique varié: pain (genre de crèpe), olives à l'ail, légumes, fruits... L'après-midi, chacun vaque à ses occupations: grosse sieste pour Simon, cyber pour Amel, achats de souvenirs et promenades pour tout le monde. Un petit ciné "Sur les chemins de l'école" (qui se passe entre autre dans le Haut Altas), une soupe (enfin deux pour la morfale d'Amel) et au lit !

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Comme à Marrakech, je vais me promener tout seul dans le Tanger qui s'éveille. Le fait que tout soit fermé me permet de lever les yeux et de découvrir une ville cosmopolite. Les circuits touristiques me permettent de visiter la ville en passant par les points remarquables: porte d'entrée de la Médina, remparts, petites ruelles étroites, mosquées, mais aussi églises, et canons, témoignant d'un passé chargé. Les noms des rues français ou espagnols, le musée de la légation américaine permettent d'imaginer l'histoire mouvementée de la ville.

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Et même si on a l'habitude d'associer Tanger Danger, j'apprécie beaucoup d'être ici. En fait, le vendeur de babouches de Marrakech nous a appris que le danger de Tanger, c'est plutôt le kif qui, ici, est plus fort qu'ailleurs. Je retouve Amel pour un petit déj 3 étoiles : jus d'avocat, café au lait, un flanc, méloui au chocolat, gâteau de semoule. Et comme hier, chacun s'occupe à sa façon. Avec ce grand marché aux poissons, ce soir, au menu, c'est sardines grillées.

 

C'est la fin de la partie marocaine du Vélo Trek Tajine. Car le lendemain, direction Tanger Med... 40 bornes avec un vent à décorner les boeufs...pour embarquer sur le bateau en direction de Sète.

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Bslama et choukrane pour l'accueil !

 

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03 décembre 2013

Acte II: Le Sahro à pied

Ce matin, c'est petit déjeuner royal: pain de Tafounent, Amlou (genre de beurre de cacahuète), Hazella (nutella marocain), confiture, chocolat chaud, café au lait, thé, yaourt, fruits... Une fois bien repus, on enfile nos sacs à dos... chargés pour 6 jours d'autonomie. Autant dire qu'on a tout pesé (surtout pour Aurel qui équilibre son sac de 35L avec sa tente devant): un verre de semoule par personne le matin, un pain et un Kiri par personne le midi et le soir deux verres de torsades et un verre et demi pour tout le monde. C'est pas l'armée, mais presque !

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On part donc d'Aït Youl, un douar près de Kalaat M'Gouna. Comme le dit le topo: "orientation pas évidente". Ca c'est sûr, on commence direct par du hors sentier. Toute la journée, on n'aura pas vraiment trouvé le "bon" sentier, mais en demandant aux quelques bergers et à l'aide de la boussole, on finit par arriver à Afoughal. Dans le topo, il est dit aussi: "les points d'eau sont assez rares et il vaut mieux avoir des bidons remplis d'eau sur les mules". Ah bah il est 16h et les mules (enfin NOUS) ont les bidons vides. Y'a quelques maisons un peu plus bas... qui dit maison dit forcément eau... Bingo, y'a un puit. C'est parfait, ça nous évite un détour de 1h30 pour la source, surtout qu'il commence à faire nuit (pour changer). On bivouaque tranquillement sur un petit plateau en haut du canyon. C'était pas une journée remarquable, mais bon, plutôt une journée d'approche dirons-nous.

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Une fois notre verre de semoule avalé, on commence la journée par descendre le canyon, puis remonter le petit plateau qui mène au Tizi n'Tagmout (2000m). Dans ce monde hostile à la végétation, on en vient à penser que les ânes et les biquettes broutent des cailloux! A midi, on s'arrête au col de n'Aït Ouzzine, qui n'est pas vraiment un col d'ailleurs, mais un bon spot de pic-nique. On peut mettre en application les principes de SlowFood dont on parlait ce matin. Et en même temps, ça tombe bien, car on n'a pas bien le choix !!

On descend un long vallon plutôt plat avant de marcher à flanc des gorges. A Assaka, on prend de l'eau. Pas un homme, pas une boîte de sardine non plus pour améliorer le dîner. On avance un peu avant de poser le bivouac dans l'oued. Décidément, pas de chance avec les sardines aujourd'hui: pas moyen d'en planter une ! Et là, on voit les hommes sur la piste qui rentrent au village. "Achkid" qu'ils nous disent ("Viens"). Dommage, on juste de finir de tout installer...

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Au petit matin, alors qu'on est au petit déj, on reçoit la visite de Mohammed (mais oui, ils s'appellent tous Mohammed). Il nous bricole un petit feu pour nous réchauffer et nous accompagne un bout de route jusqu'à son champs. La discussion n'est pas aisée mais il est marrant le Mohammed. "La prochaine fois que vous revenez à Assaka, vous venez chez moi manger les amandes" (enfin on a traduit ça à peu près comme ça). Inch'allah...

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On continue la descente des gorges, qui deviennent plus profondes et très jolies. Le sentier est en fait une bonne piste, et ça déroule bien, on sent même pas la côte. On a bien le temps de discuter; et ça tombe bien, car on a tous les idées qui fusent. De nouveaux projets voient le jour, alors que d'autres au contraire s'effacent. C'est ça qu'est bon !! (hein Simon?) Traversée des Alpes? Amérique du Sud à vélo? Chine à vélo (il parait que la bouffe est bonne!)? Vol bivouac en parapente? Mais que nous réservera l'avenir??? Bref, de quoi alimenter de longues discussions... jusqu'à Irhazzour.

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En plus de l'eau pour le bivouac, on en profite pour acheter du pain à une jeune maman. Après moult rebondissements, Simon arrive à acheter deux boîtes de sardines à la boutique du coin (oui c'est ouvert... ah non... attends... ah si...). Après ça, on plante la tente sous un palmier et on va se manger nos pâtes à la sardine... piquante !!

 

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Alors pour montrer toute ma bonne foi, je relate la version de Simon pour la suite du trek (et vous comprendrez bientôt pourquoi) (Amel)

Ce matin, au moment de partir, c'est la crise. Il reste à peine 1litre d'eau à se partager en trois. Malgrè les 7.5L qu'on a pris hier soir, une combinaison de choses a fait qu'on a quasimment tout bu (la poche à eau d'Amel vide, les cafés d'Aurel, la semoule de Simon, et le lavage de pieds pour tout le monde). Bref, on n'est même pas partis qu' Amel est déjà tendue comme une arbalette. J'ai toujours dit que j'aimerais pas me retrouver avec Amel en dèche de bouffe ou d'eau. Et là, je confirme. Dans la première montée, il y a échange de quelques noms d'oiseaux...

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A part ça, le paysage est chouette, avec vue sur les pénitents de Tadaout n'Tablah ("échine des grappes de dattes"). Au col, Aurel se perd dans ses pensées et va trop loin. On part le chercher pour remonter à un col flanqué de pinacles rocheux. Pic-nique en descendant, puis remontée du vallon d'Amguis jusqu'aux tours de Bab n'Ali, évoquant la célèbre Monument Valley américaine, immensité en moins mais palmiers et petites sources en plus.

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Au pied du Bab, on voit arriver Amel, et ça se voit à 3km qu'elle boude. "Vous êtes pas prévoyants, vous avez bu 3L de café et 15 verres de semoule"... Pour ne rien arranger, la carte annonçait un bled qu'on n'a jamais trouvé et une source qui était tarie. J'imagine que ça doit être aussi de ma faute si la carte est fausse !!

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Heureusement, une fois que tout le monde a la bouche bien pâteuse, l'atmosphère se détend. Car comme toujours, chacun a sa part de responsabilité.Allez, un ptit bisous (pateux lui aussi) et on oublie tout !!

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Mais pendant qu'on écrit des pamphlets accusateurs à mon égard, je suis parti affronter dans la nuit noire, des hordes de chiens sauvages, à la recherche de la carte perdue... mais sans succès.

 

IMG_2191Le lendemain, après avoir affronté une nouvelle fois, au péril de ma vie, la horde de chiens enragés, je reviens au campement sur mon cheval blanc avec le Grââl: la carte au trésor. Et devinez quoi? Elle était "posée" à l'endroit exact où la princesse a pris en photo le chevalier sur son cheval blanc. Car il faut dire qu'à l'époque, les appareils photographiques pesaient tellement lourd qu'il fallait bien les deux mains pour les porter; d'où la nécessité de se délester sur le champs de la carte au trésor.

 

Suite à cette Gendronette (nom commun pour désigner toute "boulette" made by Amélie Gendron), on quitte le camp vers 11h. Et même avec la carte au trésor, on arrivera à se perdre cette après-midi (et on cherche toujours ce sacré trésor). Ce matin, alors qu'on remonte des gorges avec des vasques pleines de grenouilles, il plane une ambiance post Denmatienne (cf post Denmate). C'est beau, mais on n'est plus émerveillés comme au premier jour. Ca fait bien trois semaines qu'on est dans le sud marocain, et même si les paysages varient, on commence certainement à s'habituer. Aurel reste plongé dans ses pensées. Et la princesse est malade pour couronner le tout. Princesse et caca mou ne riment pas bien ensemble, mais comme le dit une certaine BD "Les princesses aussi vont au petit coin".

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Alors qu'on marche sur une bonne piste, on rattrappe une maman et ses trois enfants. Rien de tel pour s'émerveiller à nouveau: les rencontres. On papotte ensemble pendant un bout de chemin. "Atai Igli" qu'ils ne cessent de répéter (le thé à Igli). Sur le chemin, je discute également un moment avec l'instituteur du village. Pas facile avec 5 élèves sans eau ni électricité... Et je repars avec les petits gamins: "Atai Igli". Finalement, on arrive devant leur maison. Pendant qu'Amel se repose, pliée en deux, et qu'Aurel lit, moi je profite de l'invitation: pain à l'huile et dattes séchées, et concours de grimaces avec le plus petit!

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Comme je le disais plus haut, on arrive quand même à se perdre. On est au fond de l'oued: gorges de gauche ou de droite? ça correspond pas vraiment au topo. Finalement, on va à la rencontre d'un berger qui nous accompagne jusqu'à un sentier. Choukrane!! D'après Amel, quand tu perds le sentier, tu te repaires aux cacas de mules... oui, c'est une théorie! On arrive enfin au Tizi n'Igli, avec une vue de malade sur la cuvette d'Igli. En bas, on apperçoit un autre groupe. Ce sont deux jeunes, Géraldine et Pascal, accompagnés de leur guide Hassain et d'un muletier (on a d'ailleurs les coordonées du guide si ça intéresse quelqu'un). On passe une chouette soirée, tous autour du feu de broussaille, à discuter. Finalement, ça aura été la journée de la rencontre. 

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Dernier matin du trek. Et alors qu'on galère à faire chauffer 50cl d'eau avec notre fond de butagaz presque vide et froid, on entend la voix de Géraldine qui nous invite au ptit dej. "Y'a du thé, du café, du pain, de la confiture, venez venez..." On ne se fait pas prier. Petit déj complet avec le soleil qui nous réchauffe, tout en discutant, ça c'est bon ! Igli, c'est vraiment un spot de bivouac majeur: une petite plaine entourée de roches et de falaises colorées.

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Au moment de partir, le guide nous offre du pain pour compléter notre pic-nique. Choukrane... Malgré la beauté du coin,  où on aurait presque envie de s'attarder, on taille la route car le retour de Imi n'Ouarg à Kalaat m'Gouna est complètement incertain. L'avenir nous confirmera qu'on a bien fait... On monte sous la falaise de Tassigdelt, sur un beau sentier qui serpente entre les gros blocs de conglomérat. On double nos copains randonneurs, et après un dernier au-revoir, on termine la montée en imaginant un prochain voyage avec des ânes. Pour Aurel, ça sent le "Ane, Trek et Parapente". 

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Au Tizi n'Tassigdelt (2150m), on fait la rencontre d'un tchèque qui nous montre ses photocopies de cartes russes datant de l'URSS. De là, le parcours pour arriver au Tizi n'Ouarg (2450m) est plus aléatoire (comprenez on est perdus). Après un moment de hors sentier, de sentier puis de nouveau hors sentier, on arrive à ce qui pourrait être le Tizi n'Ouarg. Une petite visée à la boussole, et on attaque une descente en lacets qui, on espère, sera la bonne. La descente est longue et on discute bien avec Aurel. Comme après avoir passé la soirée avec Damien à Tabant, notre rencontre avec Géraldine et Pascal a reboosté tout le monde. Les rencontres, c'est la base !!

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On arrive enfin à Imi n'Ouarg. Ca sent la fin du trek, mais pas de la journée. Car on nous annonce qu'il n'y a pas de transport avant demain. Et il est 15h. Mais on peut nous y conduire moyennant une somme délirante (500 DH). La choukrane (non merci). On se met sur la piste, et on commence le stop sans trop y croire. Rapidement, une première moto passe. Je pousse un peu au cul Aurel pour qu'il monte, et hop le voilà parti pour Tagdilt. Et cinq minutes plus tard, une deuxième. On n'avait pas prévu de se séparer avec Amel, mais là elle pourra certainement rejoindre Aurel. Inch'allah, c'est partiii. 

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Je me retrouve à marcher tout seul pendant 45minutes. Ah y'a enfin une moto dans le bon sens. Elle va pas à Tagdilt mais ça m'avance. La moto, sur piste et sans casque, c'est une sacré expérience quand même !! Après avoir traversée le bled à pied, sur qui je tombe? Amel autour d'un feu avec les femmes du bled!! Et elle est bien contente, car elle n'a pas pu rejoindre Aurel, et elle était dans ce bled au milieu de nulle part: pas de traffic, pas de tente, pas de bouffe... A peine je la retrouve qu'une voiture passe. Si c'est pas beau ça !!

A Tagdlit, le gars nous dit qu'il peut pas nous emmener jusqu'à Boumalne, car y' a deux autres potes (deux profs d'ailleurs) qui doivent monter. On fait du forcing, et voilà comment on se retrouve l'un sur l'autre, à 4 derrière.Sur la route, on double un pick up avec derrière une vache et... Aurel !!

Au top, on va tous se retrouver à Boumalne Dadès. On se prend une soupe en l'attendant, et commence l'interminable attente du bus... qui a 1h30 de retard !! Mais quel plaisir d'arriver à Kelaat et de se mettre au chaud dans notre (toute) petite chambre d'hôtel. Journée émotions et rebondissements, mais c'est ça qu'on aime !!!!

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Avec le tour du Toubkal et le tour du Siroua l'an dernier, et le tour du M'Goun et le tour du Sahro cette année, nous avons bouclé les 4 treks du topo de M.Olizane (merci à lui). Je crois que nous en avons fini d'arpenter les massifs marocains. Une nouvelle page se tourne, et s'ouvrira certainement sur une nouvelle destination... inch'allah.

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26 novembre 2013

Acte I: Le Sahro à vélo (Zagora - Kelaat M'Gouna)

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PB230763A Zagora, comme à chaque fois qu'on retrouve la ville, on se fait péter la banse (euh la panse)! Le matin, on teste les yaourts maison à la laiterie. A midi, c'est poisson frit et salade marocaine dans un petit boui boui, en dessert fruits et patisseries à volonté, et là-dessus un café au lait en terrasse au soleil. Complètement calés

 

En quittant Zagora en début d'après-midi, on croise nos premiers dromadaires. On remonte la vallée du Drâa par une piste de l'autre côté de l'oued. C'est sympa, même si la piste n'est pas toujours très roulante. Un peu plus tard, on croise un groupe de gamins en vélo. Ils nous suivent de près, nous tchatchent, me demandent si je suis mariée, et me déclarent leur flamme à tour de rôle (y'en a même un qui me chante une chanson, d'amour j'imagine!). Bref, au début ça me fait marrer. Jusqu'au moment où je me retourne et chope l'un d'eux avec un de mes vêtements. Je me rends compte au même moment que ma sacoche arrière est ouverte. Là, je rigole plus du tout. Le gamin lâche tout, et Simon se met à les courser, mais eux à vélo et lui à pied, et surtout dans les recoins de la palmeraie, c'est peine perdue. Bilan de l'histoire: un pull en moins.

Je roule légèrement énervée pour la fin de l'après-midi. En soirée, on se fait offrir le thé par les ouvriers agricoles, et on installe le campement au sein de la pameraie. Genial, dormir sous les palmiers, mon rêve. Y'a juste à secouer l'arbre et à ouvrir la bouche pour se gaver de dattes ! C'est complètement l'ascenseur émotionnel...

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Le lendemain, la datte sera la thématique du jour. On commence par en ramasser au bivouac. Là-dessus, notre hôte vient donner un cours de thé à la menthe à Aurel, et pour la première fois, on peut offrir le thé à un marocain. Mais d'après sa grimace, on suppose que c'est un peu loupé !

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On reprend la piste, traverse la palmeraie selon les indications mais on se retrouve sur la nationale. Oh zut alors. Alors que Simon se lave les pieds dans la rivière, un grenoblois marocain vient à notre rencontre, très curieux de notre voyage. Il hallucine complètement sur ce qu'on fait et nous offre quatre pains chauds et pour moi un paquet de Prince et des MM's (il a bien cerné la gourmande que je suis). Il veut nous inviter chez lui, mais on commence à peine la journée. Après ça, on essaie de reprendre la piste plus loin, et on se fait une bonne heure de labyrinthe sur les petites pistes bien sableuses. On traverse aussi des canaux d'irrigation, et ajouté au sable, ça colle bien au vélo ! C'est animé dans la palmeraie: y'a du monde dans les champs, dans les palmiers et ici on circule uniquement à dos d'âne ou à pied.

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"Timassla, c'est par là?"

"Wha wha" (oui oui)

"Bschaal kilometres?" (combien de km?)

"Echra" (dix)

Mais 5 km plus loin:

"Bschaal kilometresTimassla?"

"Echra" (dix)

Voilà, c'est souvent aussi précis que ça !

 

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Un pic-nique sous les palmiers, où Aurel va leur secouer la grappe, et on reprend la piste bien caillouteuse cette fois. En guide de digestion, on s'offre non pas un Paris-Brest mais un Paris-Dakar. Ca secoue bien, et puis c'est de pire en pire, jusqu'à un cul de sac dans l'oued. Demi-tour, et on reprend le premier pont venu. Sur la route, des voix nous interpellent. "M'ssieu, vous voulez des dattes?" Ca ne se refuse pas. Peu après, on retrouve le bitume et ça déroule. Les filles font des "coucou" à Simon (une grande première !) qui ne se prive pas de leur répondre de son grand sourire de dragueur !! On attire toujours un tas de gamins, mais après l'épisode du pull, je ne dégage certainement pas la sympathie.

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La nuit tombant, c'est dans la cour de Mohammed couscous (même s'il fait pas de mousse quand il pête!! mais il est bien malade) que nous plantons la tente. Eux dorment aussi dehors mais sur des tapis. On sent que la famille n'est pas bien riche. Le thé arrive avec les dattes (Momo est producteur), et on offre nos kowkows (cacahuètes). On montre les cartes, on essaient de discuter (chouya car ils ne parlent pas français), et on fait les devoirs des enfants. On a l'impression que le programme est complètement disproportionné par rapport à leur niveau. Ils doivent répondre à des questions dans un texte qu'ils ne comprennent même pas. Mais bon au moins Ahmed et Louhou auront une bonne note en français. Là-dessus arrive le couscous au poulet et aux feuilles de choux. Eh oui c'est vendredi, jour de congé et jour du couscous.

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Dur dur le réveil le lendemain. Entre la toux de Mohammed, le copain qui brasse, le muezzin à rallonge et pour finir la livraison de dattes très matinale (6h), la nuit a été assez séquencée. Au petit déj, c'est soupe, pain et dattes. Simple mais efficace. Il y a eu moins d'échanges verbaux avec la famille de Mohammed qu'avec les autres, mais il y avait de l'émotion quand même. En partant, Simon revêt son habit de docteur et soigne l'une des filles qui a une plaie bien suintante sur la lèvre. Il leur laisse le désinfectant d'Aurel et les cotons tiges, et surtout "on ne met pas ses gros doigts sales dessus". Encore des dattes en cadeau, même si on en a déjà plein les sacoches.

On s'enfile 40 km jusqu'à Nekob. Fini la palmeraie, bienvenue dans le monde mineral. On arrive à point pour le tajine et les brochettes. Pour le même prix ( 30Dh le tajine et 4Dh la brochette), on nous apporte du thé, des kowkows, des patisseries, des frites en accompagnement, et des grenades épluchées en dessert. On pensait avoir à négocier l'addition, mais non, c'est offert par la maison. Bonne ambiance.

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Après ça, fini la rigolade. Et si on se prenait un ptit Paris-Dakar en dessert? On retrouve la piste pour remonter le flanc sud du Sahro. Le soleil tape fort dans ce désert minéral. Après avoir roulé au fond des gorges, on finit par bivouaquer in extremis... devant le Bab n'Ali. Oh zut alors, ça devait être prévu pour notre trek. On va quand même pas se plaindre !

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Se réveiller au pied du Bab n'Ali, c'est la classe. Comme on est bien calés, et en avance sur les prévisions (si prévision il y a), ce matin on glande un peu. Aurel va explorer le Bab, Simon fait le mécanicien, Amel... ne fait rien ! Après un débat agité sur la suite des évènements (faut bien élever un peu la voix de temps en temps) repos?vélo?pique-nique? On renfourche nos vélos. Cette demi-journée de vélo sera uniquement de la montée (900 D+) sur une piste (très) moyenne, mais avec une vue magnifique. Après avoir buté plusieurs fois contre des cailloux, et m'être pris une fois le vélo dans la jambe, une fois la selle là où je pense, je finis les derniers kilomètres avant le col à pied en poussant. Tamazir, ma monture (baptisée ainsi tel la mule de Frederique Jullien dans sa traversée de l'Atlas, signifiant "jeune femme libre"), me remercie également. Car depuis quelques jours, ma chaîne fait un sacré bruit, un peu comme si elle allait me lâcher. C'est finalement au soleil couchant que, fatigués l'un et l'autre, Tamazir et moi rejoignons Aurel et Simon en haut du col. Pour une fois il y a des nuages, ce qui donne un panorama splendide au moment où le soleil passe derrière la montagne.

 

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Alors que je disais "pour une fois il y a des nuages", eh bien ce matin "pour une fois il pleut". Ambiance complètement irlandaise. Alors qu'hier c'était short et thi-shirt, ce matin les gouttes de pluie deviennent flocons de neige, et c'est plutôt doudoune dans le duvet. Enfin y'a de quoi s'occuper quand même. Comme il ne reste plus grand chose à lire, et que je viens de commencer un bon gros pavé, on l'a coupé par tranches de 100 pages, et on se les fait tourner ! Trop bonne... ta lecture !!! Et puis avec la neige qui s'affaisse sur la toile, il faut aller de temps en temps secouer la tente, et aussi creuser des tranchées anti-innondations (j'ai eu la bonne idée de faire pipi à côté de la tente et bien sûr le terrain est en pente!)

Après avoir attendu l'eclaircie toute la journée, à 16h, nous sortons de notre léthargie et une fois les affaires repliées, nous reprenons la route (pour à peine deux heures). Nous installons le bivouac alors que le soleil s'est déjà couché. Il y a un jeune, du douar d'à côté, qui veut nous inviter chez lui, mais on va plutôt replanter la tente pour la faire sécher.

 

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Même si au petit matin, la tente est toute givrée... Alors que la veille c'était semoule dans la tente, ce matin c'est un petit déjeuner de luxe. Simon part chercher du roubs dans le douar, et tombe nez à nez avec la "boulangerie". Entre quatre murs, dans 4m2, complètement enfumées, il y a deux zouina qui font du pain dans un petit four et sur une plaque posée sur le feu, alimenté par des buissons secs. C'est pour ça que ça fume autant. Les voisines arrivent avec quelques gamins, et lui amènent une chaise et du thé. "Choukrane mais il y a mes amis à la guitoune". "Ma kayne mouchkil, on fait livraison à domicile". Et voilà comment on voit arriver Simon et sa horde d'enfants qui nous apportent littéralement sur un plateau le thé, le pain qui sort du four, l'huile, les dattes... Avec en prime le soleil qui nous réchauffe... un pur bonheur !

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On descend les contreforts du Sahro dans un froid qui pique un peu le visage. C'est plutôt descendant, donc les kilomètres défilent sans trop forcer, avec toujours en ligne de mire au fond le M'Goun et ses voisins coiffés de neige. Après un tajine à Boumalne Dadès (eh oui ENCORE un tajine, mais il faut bien justifier notre titre Vélo Trek et Tajine), nous suivons la route jusqu'à Kelaat M'Gouna où nous faisons halte pour une journée de repos avant notre prochain trek. La vallée est bien touristique, avec les gorges du Dadès à quelques kilomètres, ainsi que la vallée des roses. Il y a d'ailleurs ici quantité de boutiques vendant tout type de produit à base de rose (les boutiques pourraient ressembler de loin à des marchands de Barbies). Bref, comme c'est touristique, il a fallu négocier sévère pour un petit hôtel pas cher et surtout pour pouvoir laisser nos vélos le temps du trek.

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Amel

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20 novembre 2013

Au pays des palmiers (Ouarzazat-Zagora)

Après le Moyen Atlas, le Haut Atlas, bienvenue dans l'Anti Atlas, le plat pays (ou presque)!

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Nous quittons Ouarzazat et partons vers le sud, mais par les pistes bien sûr (on est un peu allergiques à la poussière des camions). Changement d'ambiance. On prend la direction de Taguenzelt, mais très vite, on est à une intersection, et personne... bon on a qu'à prendre à droite. On confirme notre route (enfin notre piste) un peu plus loin par des mecs en mob. A quelques km du bled, y'a trois jeunes qui viennent à notre rencontre à vélo. Ils sont cool, et on les suit jusque chez eux pour faire le plein d'eau.

On nous invite à boire le thé. Avec plaisir bien sûr! Surtout que le thé est accompagné de petits gâteaux, de pain et d'huile. Après ça, les jeunes nous accompagnent monter notre tente sur la place du village.

C'est la grosse animation et tout le monde vient nous rendre visite. Un autre gars nous invite à nouveau à boire le thé, mais on décline. Ma kayne mouchkil, pas de problème, je vous le ramène dans une heure.

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Et puis à suivre, il y a Moustafa qui insiste pour venir dormir chez sa grand-mère. Je suis bien chaud, d'autant que dehors il fait justement pas bien chaud. Après la tente 2 secondes, le démontage de tente 2 secondes!! On arrive chez la grand-mère qui est très rigolote, et là bam deuxième goûter avec le pain et les amandes. Choukrane. Ils sont tombés sur des bons clients, on a tout le temps un boyau de vide ! Moustafa parle un peu français, et on discute toute la soirée. Sur ce, arrive un gros plat de riz à la crème. Il s'excuse de nous recevoir si simplement, même si on lui dit que ça n'a aucune importance. Ca fait plaisir de renouer avec l'hospitalité marocaine. Pour moi, c'est vraiment la base.

 

 

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Le matin, petit déjeuner typiquement marocain. Pour commencer, une soupe de maïs et de blé. Une classique des petits déj hivernaux. C'est vrai qu'il fait pas bien chaud ce matin. Et s'en suit le pain et l'huile. Et pour le plaisir des garçons, c'est open café au lait. Mangez mangez!! On se sent comme à la maison, avec la grand-mère qui lache des gros rots. Ensuite on fait la visite du four à pain. Un pour le grand pain plat qu'on colle aux parois et un pour le pain qui gonfle. En plus du super accueil de Moustafa et de sa grand-mère, elle nous offre du pain pour la route. En échange, on leur laisse des dattes et des cacahuètes.

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Pour continuer sur une bonne lancée, on fait une super journée de vélo. Une quarantaine de km sur de la piste, bien roulante, avec quand même quelques petits passages en tôle ondulée, et sans quasi personne. Un paysage minéral type de l'anti altas. Bref que du bonheur. A Ighels, petite pause mécanique, y'a la fixation de la remorque d'Aurel qui a lâché. Après ça, les bleds défilent plus vite que l'on pense, et on retrouve (presque à regret) du goudron.On bivouaque avant Tazenakht pour espérer un petit méloui le lendemain matin. Méloui, melouille est contente !!

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Après Tazenakht, la route est un peu plus passante. Heureusement, ça ne dure pas et on retrouvera bientôt notre solitude. On roule jusqu'à la nuit, et au moment où on installe la tente, il y a pas mal de vent. Le temps de construire un muret, le vent tombe. Oh zut alors !

Au petit matin, le rayon de soleil vient en plein dans la tente, ah voilà une journée qui commence bien ! Après un solide petit dej, direction Bleida. Après c'est un peu l'inconnu. Les cartes ne sont pas d'accord sur les pistes et les km, ils annoncent une piste sans village de Bleida à Zagora.

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En plus de faible traffic, la route/piste est bien roulante et les paysages sont encore plus beaux qu'hier. Genre grands plateaux avec quelques pics au milieu de nulle part. Justement au milieu de nulle part, on discute avec 3 gars qui attendent le taxi. "Et tu sais quand il passe le taxi?" " Non"

On continue sur notre route piste qui déroule, à tel point qu'Amel en oublie même qu'elle pédale et part dans ses pensées. Après les montagnes russes du Rif et de l'Atlas, le plat ça fait du bien aussi. Les matins sont frais mais là, sans vent, ça cogne dur. L'ombre d'une petite palmeraie sera parfaite pour le pic-nique.

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Pendant que je prépare le taboulé, Aurel part explorer la palmeraie. Après avoir ramassé des dattes dans les épineux au pied des palmiers, il escalade carrément l'un d'eux pour aller lui secouer la grappe. C'est open dattes !!

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A Bleida, les avis divergent. Jusqu'à Zagora, 100km, peut-être 120km... Rien à voir avec ce que nous dit la carte. Dans tous les cas, on fait le plein d'eau et de pain. C'est partiii. On arrive dans des gorges, et la piste devient moins bonne, pleine de cailloux, on doit traverser l'oued où la piste devient bien sableuse. Ce qui nous donne l'occasion de s'enliser donc de pousser. De retour dans le wild !!! Bizarrement, on se dirige vers le sud au lieu de l'est, mais les marocains croisés nous confirment que l'on va bien à Zagora.

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Après 1h30 de cross, une petite pause. C'est alors que déboulent deux mecs en mob, Aziz et son frère. Le frangin a crevé et nous demande si on a du matos pour réparer. Des vélos oui, mais des mob, ça va être compliqué ! Finalement Aziz nous invite à dormir chez lui, "c'est pas loin, c'est 18km". Hey, chaud, il est 17h, il fait nuit dans une demi-heure. Mais moi je suis chaud. On reprend la piste qui sort des gorges et traverse une palmeraie, c'est vraiment beau. On le suit sans trop y croire, mais Aziz nous attend à chaque virage, on sent qu'il a bien envie qu'on vienne. Au bout de 4km, en fait il n'en reste plus que 6 (les 8 autres se sont envolés) mais tant mieux. On finit de nuit sur de la piste, sensations garanties.

A la maison, y'a toute la famille, le frère, un ami, le livreur de pneu, les six soeurs... Bref, y'a du taf pour la grande soeur qui prépare toutes les tournées de thé. C'est bonne ambiance, la carte du Maroc fait son effet habituel, "ouah vous venez de Tanger, incroyable". En fait, on se rend compte que nous avons emprunté une piste qui n'est pas sur la carte (pour changer), c'est pour ça que c'est plus long. Et la piste qui est sur la carte, on sait pas trop si elle existe.

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Avec Aziz, on discute mais surtout on rigole bien. Il m'a plu tout de suite avec son sourire sur sa moto. Le thé arrive, puis les dattes, puis les gateauc, à nouveau le thé... et la rigolade. Et puis plus tard, le couscous. Sur la semoule repose des légumes (fanes de radis?), et bien sûr un morceau de viande. On est à table avec les hommes, on imagine que les femmes doivent manger dans la cuisine (sauf Amel bien sûr). Vu qu'Aziz se lève à 6h pour aller bosser, on traîne pas trop, et le salon se transforme en dortoir (pour hommes seulement). Quelques couvertures sur le tapis en guise de lit, et bonne nuit.

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Le matin, on découvre le paysage autour de la maison, c'est chouette, y'a que quelques maisons dans ce bled. On repart de bon matin, après le ptit dej (cette fois, le pain était garni des même légumes qu'hier soir, un délice). Toujours de la piste entre les palmiers, c'est bien agréable. Et puis après une vingtaine de km, on retrouve une route. Sur la carte c'est une nationale, mais en fait elle est en construction, et il se sont "amusés" à mettre des petits cailloux tous les 100m... et cela sur près de 60km !!! Du coup, on se fraie un chemin entre les petits cailloux, pour éviter la piste sur le côté et la poussière. Heureusement, ça nous maintient en éveil car c'est 60km de ligne droite jusqu'à Zagora  !!

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Simon

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16 novembre 2013

Suite et fin du Haut Atlas (Tabant-Ouarzazat)

Après ce super trek, nous décidons d'aller faire un temps calme à Demnate. Mais avant de se reposer, une bonne journée qui n'en finit pas. Omar nous avait annoncé 60km, mais au fur et à mesure de la journée, Demnate recule et les cols se multiplient. A 30km avant d'arriver, Aurel pète sa roue libre et passe en mode monocycle à vitesse en serrant les fesses!! Amel, qui a déclenché la turista, lutte dans le dernier col, malgré tous les encouragements. Au final, à la nuit tombée, après 90km, on aperçoit les lumières de Demnate...

On y restera en fait 2 jours, comme ça Aurel a le temps de faire l'aller-retour à Marrakech acheter une cassette chinoise (ou peut-être coréenne) à 3euros, Amel peut entamer son hibernation, et Simon faire ses petits albums photos. Et surtout on peut tous manger en abondance !!

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Ca y est, deux jours et on commence par prendre nos petites habitudes. Au petit dej, c'est méloui (genre de grosse crêpe bien grasse) avec au choix au chocolat, au miel ou vache qui rit, suivi de pain à la confiture, des fruits, du thé, du café. Après ça pour digérer, petite ballade au coeur des petites rues. Après le coin des djellabas, des fruits et légumes, des barbiers, des brics à brac, c'est le coin des tajines. Sauf que là c'est un peu différent. En gros, tu fais tes courses et tu apportes ça au gars qui te prépare le tout pour 15Dh. Deux heures plus tard... à table ! Un bon tajine bien rempli: oignons, patates, courgettes, carottes, olives, boeuf, persil... et on termine même celui des voisins à la patate douce (on connaissait pas celui-là tiens).

Tellement mangé que le soir venu, Simon la panse nous déclenche un trop plein (vomi et caca mou). Ramadan ce soir pour lui (mais sûrement pas pour Aurel et moi). Le soir, c'est aussi l'heure du Hammam (surtout bien le dire avec un H aspiré quand tu demandes où est le Hammam, sinon ils comprennent pas). On est tous les trois complètement fans. Surtout quand tu te sens tout crasseux. Quand on se demande où sont les femmes, eh bien c'est là, au hammam qu'elles passent leur temps. Et ça se frotte dans tous les sens, et ça papotte. Et vas-y, viens avec nous je te fais de la place, et je te prête mon seau, ah tiens c'est quoi ton shampoing?mais tu repars déjà?

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Après le "luxe" de la ville (enfin tout est relatif), nous repartons vers les montagnes, avec les sacoches qui débordent. Simon a plus envie de s'allonger que de pédaler, Aurel fait des squatts sur sa chaîne chinoise, et Amel après sa semi-hibernation, bah ça va plutôt bien! On sent qu'on a déjà fait la moitié du voyage, et perso après ce qu'on a vécu ces derniers jours, je me demande si on peut avoir mieux. Y'a dans l'air comme une envie de changer de plans... A l'image de ses acteurs, le voyage change de direction. Au lieu de longer le flanc sud du M'Goun, pourquoi pas aller dans le grand sud? suggère Simon. La perspective de grandes étendues désertiques, de plats, de dattes dans les palmeraies éveillent nos esprits rêveurs de cyclo-voyageurs. Le changement, c'est maintenant !!

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Partis de Demnate à 960m, en quelques coups de pédale, si j'ose dire, nous voici au Tizi n'Fedhat à 2580m, symbole pour nous de la frontière Nord-Sud du Haut Atlas. Yihaaa! Voilà, la page du Haut Atlas se tourne...

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Après un bivouac venté, nous descendons en direction de Ouazazzate. Et là, que du bonheur. Vent dans le dos, faux plat descendant, je peux enfin passer mon 3ème plateau !! Ca déroule comme jamais, un truc de malaaaade comme dirait Simon. 

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Enfin y'a un temps pour tout. Après ça, on récupère la grosse route (en rouge sur ma carte), et par la même occasion le vent dans la face et les tut tuuut pouet pouet des camions. Heureusement, y'a que 15km. On entre dans notre première ville touristique, mais y'a quand même des petits boui bouis pas chers comme on aime... A midi, c'est brochettes, lentilles, salade marocaine... Et en dessert, allez on se lâche dans la patisserie à touristes. Y'a même des toilettes assises et du PQ, la classe à Dallas !

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10 novembre 2013

Trek au M'Goun ou la malédiction du plateau de la Tarkedit

Après ces cinq belles mais éprouvantes journées de vélo, nous arrivons à Tabant, point de départ de notre trek: le tour du M'Goun. Là, nous rencontrons Damien, un breton cuistot voyageur, avec qui nous louons une chambre chez Omar et Abdou, afin de laisser nos vélos en sécurité. Nos hôtes, qui sont aussi guides, essaient de nous dissuader de partir seuls. "Vos sacs sont trop lourds, il vous faut une mule", ou encore "mais vous allez vous perdre", et la cerise sur la tartiflette "il peut tomber 2 mètres de neige sur le plateau de la Tarkedit". Rien n'y fait, nous partons le lendemain matin, chargés pour 5jours d'autonomie, avec Damien qui nous accompagne jusqu'au pic-nique. 

Ce premier jour est plutôt tranquille, nous longeons les gorges d'Arous jusqu'aux azib Ikkis, belles prairies verdoyantes, où nous posons le camp.

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Le deuxième jour, nous prenons de l'altitude, et au détour d'un col à 3400m, nous nous trouvons face à face avec le M'Goun... bien enneigé ma foi ! Ce qui compromet son ascension, sachant qu'on est en basket (et sans crampons ni piolet). 

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Nous arrivons sur le fameux plateau de la Tarkedit sous une lumière rasante. Point de neige à l'horizon. Une fois le soleil passé derrière la montagne, nous allons rendre visite à la seule âme du plateau: le gardien du refuge. On apprécie autant le poele que le thé chaud, car à 2900m, les nuits sont fraîches. Le gardien nous informe qu'on peut tout de même faire le sommet du M'Goun, sans autre matériel que des poches plastiques pour entourer nos baskets. Changement de programme. 

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Au petit matin, objectif : le M'Goun. Ca va un peu changer nos plans, car à cause de la neige, on est obligés de faire le sommet en aller-retour, ce qui nous rajoute une étape de 8h. Mais comme les deux dernières étapes n'étaient pas trop énervées, on se dit qu'on va l'être (énervés). 

7h, premier réveil du trip Vélo Trek Tajine. Le soleil ne tarde pas à pointer le bout de son nez, et le plateau de la Tarkedit se révèle encore plus beau. On laisse les tentes montées, et on part light (la fesse d'Amel qui s'est réveillée apprécie d'autant plus). Ca monte tranquille, puis un petit coup de cul et on suit une combe à l'ambiance volcanique. Plus un arbre, plus un animal...

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On arrive sur la crête, seuls au monde, avec une vue panoramique sur les massifs du sud marocain. 3km de crête pour en profiter avant le sommet, entre neige et rocher, entre plaines du nord et déserts du sud. 

Yiiihaaaa!!!!! 4068m !!!! SUMMIT !!!

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Une petite photo en slip pour notre ami Abdou, et c'est l'heure du pic-nique (light lui aussi). On entame la descente sans trop traîner car on doit s'avancer sur le lendemain. On démonte les tentes et on quitte la Tarkedit... pour descendre dans un vallon très coloré et sculpté, jusqu'à la rivière où on campe. Y'a des sources qui jaillissent de partout, c'est open bar !

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Le lendemain, on commence par monter hors sentier (car on n'a pas bien compris le topo), un peu raide alors ça réveille bien. On finit par rejoindre le Tizi n'Oumsod, où la vue donne sur la belle vallée de l'Oulilimt. Quelques azibs déserts (sauf des ânes), puis on longe le lit de la rivière asséchée. On croise des marocains avec un muletier qui ont pas l'air trop au courant de l'itinéraire (ils pensaient être au sommet dans la journée), donc on leur donne des infos. Enfin, au milieu de nulle part, il y a de l'eau qui jaillit du lit de la rivière. Va comprendre... On s'arrête justement pour le pic-nique (avec du pain tout sec d' il y a 4 jours, autant dire pas le meilleur). Bon il est 13h30, et on commence l'étape du jour, on aurait du bivouaquer à la source si on avait pas fait le M'Goun en aller-retour. 

Le sentier continue en longeant l'asif, tantôt dans son lit, tantôt sur les flancs. On traverse de superbes cheminées de fées. Avec la lumière du soleil qui descend, ça fait de beaux contrastes ombre et lumière.

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Après quelques passages de rivière plus ou moins héroïques, on arrive au grenier ruiné des Tighremt n'Aït Ahmed. Simon et Aurel vont demander du pain dans la seule maison du coin car on n'a plus grand chose à manger. Et là paf : 20 Dh les deux gros pains, non négociable (au lieu de 2 en temps normal) !!! On n'a jamais eu ça. Ca sent le passage de touristes à plein nez. Et en plus de ça, quand on commence à monter la tente près de la rivière, ils veulent nous faire payer l'impôt sur le bivouac. Au début, on prend ça à la rigolade, mais non non, tous les randonneurs paient pour le droit de bivouaquer ici. On refuse catégoriquement. Après s'être un peu énervés, on décampe et on va juste un peu plus loin. Walou dirhams de notre part. Pis quoi encore !!!!

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Finalement une nuit un peu pourrie, entre un chien qui hurle comme si on l'étripait, des gens qui passent, des mules, et ça à 3h du mat pour aller au souk du dimanche à Tabant.

Le dernier jour, gros programme. Ca va être vraiment Vélo Trek et Tajine, le tout dans la même journée. Du coup on s'envoie l'étape du jour (5h seulement) avant le pic-nique (que d'ailleurs nous n'avons pas). L'objectif est d'arriver pas trop tard à Tabant pour un bon gueleton.

On monte donc au Tizi n'Aït Imi, un passage historique pour les caravanes entre le nord et le sud du haut atlas. Là, on décide que les gars courrent dans la descente (prévu comme 2h30) pour commander du bon manger avant qu'il ne soit trop tard. 1h30 plus tard, mission accomplie.Gros changement d'ambiance entre la vallée du bivouac complètement sèche et la descente sur Tabant avec des genevriers, pommiers et champs de blé. Gros changement d'ambiance entre les pâtes au cumin, la semoule au gingembre, le pain rassi et là au resto lentilles, haricots, salade marocaine, poulet frites. A cela on ajoute quand Amel arrive un tajine kefta. Et en dessert, fruits, yaourts, chocolat... L'orgie totale... on se pète le bide !!!

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On récupère nos vélos chez Omar, et on va lui dire au revoir au bar. Quand Omar est au bar, bobonne fait la lessive à la maison, normal quoi !!!

On refait les sacs, et c'est reparti. Yiiiiiihaaaaaaa

Le voilà le concept VELO TREK ET TAJINE !!!!!!

 

Amel

Posté par melouille à 19:09 - Commentaires [2] - Permalien [#]

05 novembre 2013

Le wild version berbère (Imilchil-Tabant)

On voulait de l'aventure, eh bien on a été bien servi. Pour rejoindre la Cathédrale en partant d'Imilchil, il y a plusieurs solutions. On nous parle d'une piste, qui n'est pas sur la carte, mais qui passe pas trop mal, suivi d'une autre piste qui, elle, est bien sur la carte, mais soi-disant ne passe qu'à dos de mule. Deux vététistes espagnols en reviennent et essaient de nous dissuader de passer par là: avec notre chargement, ça va être compliqué. Mais on est surmotivés, et tant pis si on pousse, et tant pis si on passe du temps... on est chauuuuds !!

On refait les stocks et c'est reparti. Après une belle descente, à Tasreft, on traverse la rivière et fini le goudron, bonjour la piste. On croise quelques douars, les enfants sont toujours un peu demandeurs, mais restent aimables. A la fontaine, la gazelle engage à mort avec Simon qui était venu lui demander de l'eau !! Les paysages sont vraiment beaux, on pédale, on pédale et on bivouaque in extremis à la tombée de la nuit. 

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Comme prévu le lendemain, on prend à gauche au croisement, mais ce n'est pas (encore) la grande descente qui était prévue. Il reste encore une bonne heure de montée avant the big one. On va pas se plaindre, on est tranquilles, il fait beau, c'est super joli... Passé le col, on apperçoit Anergui 1000m en bas, et entre les deux, 10km de descente de rêve avec de belles épingles à cheveux sur fond de M'goun. C'est partiiii... On en a plein les yeux, et on en a mal aux mains!

A Anergui, direction les difficultés. En fait ça ressemble à un sentier de randonnée. Nous longeons l'oued dans des gorges magnifiques et sous un soleil de plomb. Par moment, ça roule, d'autres, ça pousse, ça porte... des fois même à deux pour un petit raidillon. Pique nique en bord de rivière et c'est reparti. On roule, on pousse, on freine, on coince la pédale, on coince les sacoches, ah tiens le pneu d'Aurel qui crève, ah tiens l'autre aussi... mais on est heureux d'être là, un peu seuls au monde. A l'heure du bivouac, on n'a fait que 15km mais c'est pas grave. Bivouac au bord de l'eau, près des lauriers roses, mais loin des singes croisés précédemment !!

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Au petit matin, y'a du passage sur le pont d'en face. Des moutons, des chèvres, des ânes chargés, des ânes à vide, des mules et même un âne qui transporte une commode (et qui a du mal à tenir l'équilibre). A un moment, on voit repasser 3 mules à vide qui étaient déjà passées y'a une demi-heure. C'est bon ça !!! Pour nous, c'est le symbole de la fin du sentier. Après un tour de mule pour Simon, prétée par le jeune qui nous tchatche, c'est reparti. Comme prévu, après une dizaine de minutes, on apperçoit deux vieux Land Rover... YES!! Fini la poussette !!! Jamais été si contents de voir des 4x4 !!

On continue donc, c'est plus ou moins roulant, mais par rapport à hier, on déroule. Un bon passage à gué et on s'engage sur une superbe portion taillée dans le flanc de la falaise. 

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Après quelques petits coups de cul et une longue descente on atteint enfin la Cathédrale. C'est un espèce de monolithe de 600m qui ressemble un peu à Gramusat en France. C'est joli, on se demande bien sûr si ça grimpe !!

On échange deux pains tout chaud contre des dattes à la seule maison qu'on croisera de la journée. Ca changera du pique nique semoule ! Finalement, on aurait peut-être dû en manger un peu plus (de la semoule), car on s'envoie une bonne montée après ça (un peu la surprise, carte imprécise) sur une piste caillouteuse. Un peu plus raide ou peu moins bonne, ça aurait été un peu galère, surtout pour Amel et ses pignons hollandais (même sur son plus petit plateau, ça reste trop grand par rapport au plateau des garçons, en résumé dès que c'est raide, c'est ambiance "step").

Au col vue de malade. A gauche y'a Presles version rouge (en France, site d'escalade), au fond sommets enneigés et à droite la Cathédrale. On commence à descendre mais l'heure tourne et on n'a ni eau ni spot de bivouac. Finalement on trouve les deux à la nuit tombante. 

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Le matin, alors qu' Amel demande du pain chez une dame, on se retrouve en deux temps trois mouvements assis autour d'un thé, des cahuètes, du pain tout chaud, du beurre, de l'huile...  bref le ptit déj. On venait pourtant de manger de la semoule à défaut d'autre chose, mais ça ne se refuse pas, c'est quand même meilleur !

L'après-midi se résume à une longue montée en pente douce (1000mD+) et sur goudron SVP, donc on a le temps de discuter, c'est cool. On n'est pas loin des gorges de Taghia, un super spot d'escalade, mais ça sera pour la prochaine fois (encore un voyage au Maroc??? inch'allah !!). Au col, c'est chouette avec vue sur les sommets enneigés derrière. On s'équipe pour la descente (ça caille), mais au bout de 10 km, on est un peu déçus, ça remonte déjà. Heureusement y'a un petit café en bas et on se fait un gros goûter. Après ça, on repart mais la nuit nous rattrappe pour changer, sauf que là on est un peu haut en altitude; du coup bivouac fraîcheur. 

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Le matin, tout est givré. Et le ptit déj est un peu maigre: 1/3 de pain par personne, 1/3 de verre de semoule. C'est un peu la fin des haricots. Plus de sucre, plus de confiture, plus de pâtes, plus de riz, plus de semoule, plus de fruits ni légumes... Par contre, il reste des vermicelles mais qui ont tendance à coller. Hier soir, la plâtrée de pâtes ressemblait plus à du ciment qu'à la pasta d'Andrea Colombi !

On gratte les tentes, et on traîne pas trop pour se réchauffer. On rattrappe le soleil un peu avant le col, on peut enfin enlever les gants et le bonnet. C'est chouette, et dans un détour, on apperçoit notre objectif prochain: le M'goun. De là, y'a quasiment plus que de la descente jusqu'à Tabant. Mais pour cause de piste caillouteuse, ça sera long.

La vallée des Aït Bougmez est très fertile donc cultivée, alors que c'est tout sec et tout jaune sur les côtés. 

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Nous arrivons enfin à Tabant, et c'est l'heure du déjeuner. Au café des amis, un tajine fumant qui nous attend et nous comble...

Posté par melouille à 05:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]